« IEA Electricity Market Report 2022 » : mise à jour des prévisions de l’AIE concernant l’électricité

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) examine de manière régulière l’ensemble des enjeux énergétiques mondiaux, notamment l’offre et la demande de pétrole, de gaz et de charbon, le développement des énergies renouvelables, les marchés de l’électricité, l’efficacité énergétique, l’accès à l’énergie, etc. Elle vient de publier en juillet la dernière mise à jour de ses prévisions concernant les marchés de l’électricité. Les points principaux issus de la synthèse du rapport sont traduits en français ci-après.

1. Ralentissement de la croissance de la demande d’électricité

La croissance de la demande d’électricité ralentit considérablement en 2022. Après une forte hausse de la demande mondiale d’électricité de 6 % en 2021, sous l’effet d’une reprise économique rapide et d’un relâchement des mesures de confinement de la Covid-19, il est prévu un ralentissement de la croissance à 2,4 % en 2022, soit à peu près la moyenne connue de 2015 à 2019. Cela reflète le ralentissement de la croissance économique mondiale, la hausse des prix de l’énergie suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et le renouvellement des restrictions en matière de santé publique, notamment en Chine.

2. Le charbon avantagé face au gaz

Les marchés très contraints du gaz naturel favorisent les centrales électriques au charbon. En raison des prix élevés du gaz et des contraintes d’approvisionnement, le charbon remplace le gaz pour la production d’électricité sur les marchés disposant de centrales à charbon. En Europe, les gouvernements ont retardé l’arrêt progressif des centrales à charbon et ont levé les restrictions pour augmenter la disponibilité de la production de charbon, réduisant ainsi la consommation de gaz pour améliorer la sécurité de l’approvisionnement.

3. Un développement important des renouvelables

Les énergies renouvelables croissent plus vite que la demande et remplacent les combustibles fossiles. Les fortes augmentations de capacité aident la production mondiale d’électricité à une croissance de plus de 10 % en 2022. Malgré la baisse de 3 % du nucléaire, la production d’électricité à faible teneur en carbone devrait augmenter de 7 %, ce qui entraînera une baisse de 1 % de la production totale à partir de combustibles fossiles. Au niveau mondial, la production d’électricité à partir du charbon augmente légèrement, les baisses en Chine et aux États-Unis étant compensées par la croissance en Europe.
La production d’électricité à partir de gaz diminue de 2,6 %, la croissance en Amérique du Nord et au Moyen-Orient compensant une partie du déclin en Europe et en Amérique centrale et du Sud.

4. Légère diminution des émissions de CO2

Les émissions du secteur de l’électricité devraient diminuer légèrement. Après avoir atteint un niveau record en 2021, les émissions de CO2 du secteur mondial de l’électricité devraient diminuer en 2022, mais de moins de 1 %. L’intensité des émissions devrait diminuer de plus de 2 %.

5. L’envolé des prix de l’électricité

Les prix de gros de l’électricité s’envolent dans de nombreux pays. Au premier semestre 2022, les prix du gaz en Europe ont été multipliés par quatre et celui du charbon a plus que triplé par rapport à la même période en 2021. Les prix de gros de l’électricité ont donc plus que triplé sur de nombreux marchés. L’indice de prix de l’AIE pour les principaux marchés mondiaux de gros de l’électricité a atteint des niveaux deux fois supérieurs à la moyenne du premier semestre 2016 à 2021.

6. En Europe : accélération des EnR pour réduire la dépendance aux énergies fossiles russes

L’Europe se prépare à réduire sa dépendance à l’égard des importations russes de combustibles fossiles en accélérant sa transition vers une énergie propre. en accélérant sa transition vers une énergie propre. La mise en œuvre du plan RepowerEU de la Commission européenne accélèrerait considérablement le déploiement des énergies renouvelables au cours des prochaines années à venir, en doublant leur part dans la consommation finale brute d’énergie de l’UE de 2020 à 2030 et réduirait considérablement l’utilisation des combustibles fossiles. La persistance de la crise des prix de l’énergie alimente le débat sur la conception du marché de gros de l’électricité, tandis que les gouvernements tentent d’atténuer les prix élevés de l’électricité par divers régimes de soutien.

7. De grandes incertitudes pour 2023

Les principales incertitudes qui affectent les prévisions de l’AIE pour 2023 concernant la demande d’électricité et le mix de production découlent des prix des combustibles fossiles et de la croissance économique. À partir de la mi-2022, l’Agence prévoit que la croissance de la demande mondiale d’électricité en 2023 reste sur une trajectoire similaire à celle de cette année que cette année. La forte croissance des énergies renouvelables (8 %) et la reprise de la la production nucléaire pourrait remplacer une partie de l’électricité produite à partir de gaz et de charbon, ce qui entraînerait une baisse de 1 % des émissions de CO2 du secteur de l’électricité.

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